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Têtes Raides Concert au Bataclan (Paris) le 27 mars 2008.
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Presse locale

Mardi 7 octobre 2008
La Voix du Nord
 Les cercles de silence regroupent tous les courants de pensée et sont ouverts à tous. Les cercles de silence regroupent tous les courants de pensée et sont ouverts à tous.

| SOLIDARITÉ |

Vendredi, de 18 heures à 19 heures, une cinquantaine de personnes ont bravé la pluie pour former un cercle de silence place des Droits de l’homme, près du Phénix.

Au nom de plusieurs associations, comme le Comité catholique contre la faim et pour le développement, le MRAP, Amnesty... Raphaël Sevrin explique que « cette manifestation silencieuse est une réaction citoyenne et non violente pour montrer notre refus de la situation faite aux migrants et aux sans-papiers ».

Les cercles de silence ont pris naissance dans le sud et se mettent désormais en place dans la région nord. Les prochains cercles à Valenciennes auront lieu les vendredis 7 novembre et 5 décembre au même endroit et à la même heure. •

http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Valenciennes/actualite/Valenciennes/2008/10/05/article_un-cercle-de-silence-pour-les-sans-papie.shtml

Vendredi 3 octobre 2008

SANS PAPIERS - Etrange mélange des genres, hier soir, place Pey Berland. Alors qu’une centaine de personnes s’étaient rassemblées dans le cadre d’un « cercle de silence », pour dénoncer la situation des sans-papiers et leurs conditions de rétention, une poignées de militants d’extrême droite se sont invités à la manifestation, mégaphone en main, et se sont installés au centre du rassemblement. « Lorsqu’ils sont arrivés, il se sont mis à déclamer un texte, nous expliquant que nous étions dans l’illégalité car soutenir une personne en situation irrégulière est un délit, et qu’ils allaient prévenir la police, raconte Pierre-Jean Dupouy, l’un des participants à la réunion pacifique. Ils ont passé un coup de téléphone aux forces de l’ordre, qui ne sont pas intervenues. Et de notre côté nous avons poursuivi notre action silencieusement en nous retournant ».


Thibault du Réau rompt "Le Cercle du silence"
envoyé par Novo-Aquitaine

Le site Novopress, qui relate le happening, met en ligne une vidéo filmée par les activistes et désigne Thibault du Réau, jeune avocat et ancien candidat FN aux élections municipales de Libourne, comme l’orateur. Juché sur un tabouret au milieu des associatifs, celui-ci se lance dans une longue diatribe ponctuée d’un slogan très explicite : « la rétention, c’est l’enfer, la solution c’est le charter ». Tandis qu’autour de lui, ses acolytes distribuent aux passants des tracts reprenant le même discours.

« C’était très pernicieux, et ça a entraîné une certaine confusion, estime Pierre-Jean Dupouy, car en expliquant que seules les expulsions immédiates permettraient de ne plus voir les étrangers enfermés, ils donnent l’impression d’agir par humanité. On a eu du mal à expliquer la situation aux badauds, qui les voyaient haranguer la foule et avaient l’impression qu’ils faisaient partie de notre mouvement. Ils cherchaient à détourner notre action. En nous accusant nous, ils inversaient les rôles ».

Organisés à Bordeaux une fois par mois depuis le printemps, ces « cercles de silence », sont nés d’une initiative des moines franciscains, à Toulouse, et cherchent à sensibiliser l’opinion par leur poids symbolique et grâce aux messages que les participants immobiles portent épinglés dans le dos. C’est la première fois qu’un tel événement se produit. Mais peut-être pas la dernière. Le comité d’extrême droite annonce en effet son intention de se mobiliser à nouveau dans l’avenir. Les associatifs, de leur côté, veulent faire preuve de philosophie : « C’est leur liberté. On n’est pas d’accord, mais on est non-violents. On espère juste qu’ils se lasseront les premiers ».

Laure Espieu


VOIR AUSSI :

 Carte des 71 Cercles de silence en France
Jeudi 2 octobre 2008

CLICANOO.COM | Publié le 2 octobre 2008


Arrivée à la Réunion à l’âge de six mois, atteinte d’une maladie grave, la petite Émeline, trois ans et demi, d’origine comorienne, a, pendant deux ans, passé plus de temps à l’hôpital ou dans sa famille d’accueil que dans les bras de ses parents. Par chance, le traitement suivi à Bellepierre a été efficace et les médecins ont donné leur feu vert au retour de la fillette chez elle à Mayotte. Hier matin, elle était conduite à l’aéroport par sa famille d’accueil. “Le problème est que, à peine l’autorisation de départ signée des docteurs, les affaires sanitaires ont voulu la mettre dans l’avion pour Mayotte sans savoir ce qui l’attendrait là-bas. Elle doit être envoyée au service de pédiatrie de Mamoudzou, alors que nous n’arrivons plus à joindre ses parents depuis le mois de décembre dernier et qu’ils n’ont pu donner leur autorisation à ce retour”, déplore cependant Nathalie Kesler de l’association “Les enfants de l’île aux parfums”. L’association et ses bénévoles œuvrent depuis deux ans au contact du personnel hospitalier pour l’accompagnement administratif et psychologique de ces enfants venus de Mayotte ou des Comores jusqu’à la Réunion pour cause de maladie grave, le plus souvent sans leurs parents, de condition modeste. “Nous avons eu deux autres enfants dans le même cas. Et alors que nous faisions les démarches pour les rapatrier tous trois ensemble, à moindre frais et en préparant leur accueil là-bas, les autorités ont évacué l’un d’eux le 14 août, puis est venu le tour d’Émeline. La précipitation des services sanitaires rend ces retours non seulement plus coûteux pour la collectivité, mais en plus ils risquent d’être traumatisants pour de jeunes enfants qui parfois n’ont plus vu leurs parents depuis des années et doivent être préparés à ce retour”, souligne Nathalie Kesler. Hier soir, on apprenait en outre que la mère d’Émeline n’avait pu être localisée, probablement expulsée vers les Comores. Du coup, la fillette était confiée... à une nouvelle famille d’accueil mahoraise. “C’était bien la peine de l’arracher à une famille d’accueil qu’elle connaissait pour qu’elle recommence tout dans une autre”, regrette Nathalie Kesler. Chaque année, ce sont entre 50 et 80 marmailles de l’archipel des Comores qui viennent en soin de longue durée à la Réunion et qui sont pris en charge par l’association

S. G.

http://www.clicanoo.com/index.php ?id_article=191746&page=article

Jeudi 2 octobre 2008

CLICANOO.COM | Publié le 2 octobre 2008


TRIBUNAL ADMINISTRATIF. Marahaba Ahamada, 63 ans, de nationalité comorienne, est entrée régulièrement à la Réunion en 1991. Installée à Saint-Pierre puis au Port, elle épouse un Français en 2005. Mais alors que sa procédure de naturalisation est en cours, le couple se sépare et le divorce est prononcé. Si bien que la semaine dernière, constatant que cette femme est à ce jour en situation irrégulière, la préfecture prend un arrêté de reconduite à la frontière et la place en rétention administrative. Libérée par le juge de la liberté et de la détention, elle voit cependant l’arrêté préfectoral confirmé par le tribunal administratif statuant en référé. La sexagénaire a fait appel de cette décision devant la cour d’appel administrative de Bordeaux, mais son expulsion reste exécutoire. Aussi, avec le soutien de la ligue des droits de l’Homme, celle-ci tentait d’abattre hier une derrière carte à l’aide de son avocat Me Saïd Larifou. Marahaba Ahamada craint en effet un retour vers les Comores, où « l’un de ses enfants est recherché pour des troubles à l’ordre public commis en Grande Comore il y a quelques semaines, des émeutes au cours desquelles les militaires ont tiré et fait un mort. Aussi, elle craint pour sa sécurité personnelle du fait des problèmes de son fils », indique l’avocat franco-comorien, qui espérait obtenir de la préfecture une décision de « protection subsidiaire », ultime rempart à son expulsion. La demande, effectuée hier auprès de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), a permis de suspendre provisoirement la mesure de reconduite à la frontière, le temps que cette requête soit étudiée

http://www.clicanoo.com/index.php ?page=article&id_article=191717
Jeudi 2 octobre 2008
jeudi2 octobre 2008, par Stéphane/armenews


« Il va mourir là-bas, si on le ramène. Alors moi je vais mourir ici ! » Instants dramatiques, hier, vers 11 h 30, devant le commissariat central de la place Suquet, à Dijon : Gûzel Akkus, une jeune arménienne turque, s’est présentée, entourée d’une douzaine de membres de sa famille, devant les locaux de la police avec un bidon de 5 litres d’essence, et s’en est aspergée, menaçant de faire jaillir le feu d’un briquet qu’elle tenait à la main si son frère, Murat, 27 ans, n’était pas libéré sur le champ.

Ce dernier, ressortissant turc arménien, interpellé lundi après une infraction routière, faisait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français depuis le 26 juin, et se trouvait en situation irrégulière depuis le 26 juillet. Célibataire et sans enfant, débouté du droit d’asile, n’ayant pas contesté, « ni de manière gracieuse, ni dans un cadre contentieux », son obligation de quitter la France, il venait de faire l’objet d’un arrêté de placement en rétention administrative et devait être conduit au centre de rétention de Lyon. « On n’a jamais fait de mal à la France. Ici, on a trouvé la liberté. On paye nos impôts, on travaille, jamais l’un d’entre nous n’a eu de problèmes avec la police. Nous sommes tous commerçants, Il n’y a pas dans notre famille de Rmistes ni de chômeurs. On a laissé nos problèmes en Turquie. On ne veut pas en retrouver ici... Si Murat retourne en Turquie, il aura de gros ennuis. Il y a des Droits de l’homme ici tout de même ! » expliquaient les membres de la famille de l’expulsé.

Vingt minutes plus tard, alors que le dialogue s’était engagé avec la police et la préfecture, que la voiture qui devait conduire le jeune homme à Lyon avait été stoppée et faisait demi-tour pour rejoindre le commissariat afin que sa famille puisse le voir, qu’une équipe de pompiers et une équipe du SAMU étaient sur place, la jeune femme s’est aspergée une seconde fois, puis une troisième fois d’essence, et a brandi son briquet.

Arrosée par les pompiers

Un gardien de la paix s’est jeté sur elle et les pompiers l’ont immédiatement arrosée, ainsi que les personnes qui se trouvaient autour d’elle. Une échauffourée entre gardiens de la paix et membres de la famille a suivi. La jeune femme a été emmenée au commissariat central où elle a été examinée par un médecin et interrogée par le service de quart, et l’un de ses cousins a été lui aussi interpellé et entendu. Plusieurs policiers ont été légèrement blessés.

Deux membres de la famille ont été reçus vers midi à la préfecture de région, par le directeur de cabinet du préfet.

Dans un communiqué, la préfecture annonçait hier qu’ « à titre exceptionnel, la procédure de placement en centre de rétention a été suspendue ». Murat a été libéré en début d’après-midi et a rejoint sa famille.

Parmi les personnes qui ont été reçues à la préfecture, se trouvait Victor Akkus, le président de l’Amicale des arméniens de Bourgogne-Franche-Comté, une communauté d’un millier de personnes : « c’est la première fois depuis le début de notre arrivée dans cette région, il y a 30 ans, que nous faisons parler de nous », a expliqué M. Akkus, « mais ce jeune homme ne peut pas retourner en Turquie. Ce serait un drame. »

La préfecture lui a indiqué que « la situation de ce ressortissant turc sera examinée par le service des étrangers au vu des nouveaux éléments qu’il sera en mesure de produire. »

Cependant, Murat « reste sous le coup de l’obligation de quitter le territoire français », a expliqué dans la soirée Pierre Regnault de la Mothe, directeur de cabinet du préfet, en précisant qu’un problème juridique s’était posé : « en faisant revenir l’escorte qui le conduisait à Lyon, nous sortions des limites de la garde à vue. Nous n’avons pas voulu courir le risque de nous mettre hors la loi. Bien entendu, le côté humain a également été pris en considération. Cependant, juridiquement, le jeune homme est toujours en situation irrégulière. Nous attendons qu’on nous transmette des éléments nouveaux, pour examiner sa situation de manière sereine, et non dans l’intensité dramatique vécue ce matin. »

Enfin, le préfet a salué dans son communiqué « le sang-froid des fonctionnaires de police qui se sont rendus maîtres de la situation alors que la jeune femme avait déjà commencé à mettre sa menace à exécution. »

Le Journal de Saône-et-Loire

Mercredi 1 octobre 2008

dimanche 28.09.2008, 04:56 - La Voix du Nord

 Hier, de 11heures à midi, bâillonnés, ils ont formé un cercle, place des Nations à Maubeuge. Hier, de 11heures à midi, bâillonnés, ils ont formé un cercle, place des Nations à Maubeuge.

| PROTESTATION |

Piétons et automobilistes se sont demandés ce qu’il se passait, hier matin, place des Nations. Une vingtaine de personnes, bâillonnées, formaient un cercle. Pour défendre les droits bafoués des sans-papiers, dans le Nord et toute la France. Une première, qui a réuni des citoyens de toute obédience, et qui se renouvellera.

PAR VINCENT TRIPIANA

vtripiana@lavoixdunord.fr Il y a là des gens du Parti socialiste, du Parti communiste, de la Pastorale des migrants, de la Cimade, pas mal d’autres qu’on retrouve chaque année lors de la Journée du refus de la misère... Ils étaient une vingtaine, samedi matin à Maubeuge, en cercle, place des Nations. Bâillonnés.

C’est un « cercle de silence », comme il en existe en France depuis 2007, lorsque des Franciscains se sont placés en cercle, place du Capitole à Toulouse, «  pour dénoncer l’enfermement par le gouvernement dans des centres de rétention des personnes étrangères en situation irrégulière  ».

Il existe de pareils cercles à Lille, Hazebrouck, Tourcoing, Dunkerque. C’était une première à Maubeuge, hier. La semaine prochaine, Valenciennes s’y mettra aussi. En Sambre, c’est sous l’impulsion de l’abbé André Dhélin qu’un cercle s’est constitué. Jean-Marie Rausenberger (il fut notamment animateur de la campagne socialiste lors des dernières municipales à Hautmont) l’a rapidement rejoint, et le cercle s’est vite élargi.

«  Le cercle du silence est une manière, non violente, de manifester notre refus de la situation qui est faite aux migrants et aux sans-papiers, disent-ils. Notre silence est un appel à tous les citoyens pour dénoncer toutes les violences des droits de l’homme dont ces hommes, ces femmes et ces enfants sont victimes. Silencieux et bâillonnés, nous sommes solidaires des migrants, des sans-papiers et de leurs soutiens, que l’on interdit de parole et de droits. » «  Ici, on a un certain nombre de personnes sans-papiers, ajoute Jean-Marie Rausenberger. Leur situation, sur tous les plans, alimentaire, santé, logement, se dégrade. » Et les exemples sont nombreux : «  En mars à Maubeuge, une jeune femme marocaine sans papiers, victime de violences conjugales, est allée porter plainte à la gendarmerie. On lui a demandé de revenir avec un certificat attestant ces violences. Quand elle s’est de nouveau présentée, elle a aussitôt été arrêtée. » Ou encore : «  Lors d’une permanence d’accueil, à Maubeuge, un homme d’une trentaine d’années, sans papiers, arrive avec sa valise, ne sachant ni où coucher, ni comment se nourrir, fuyant une arrestation massive de sans-papiers à Paris. » Sans commentaires. •

> Prochains cercles de silence à Maubeuge : samedis 22 novembre, 20 décembre, place des Nations, de 11 heures à midi.

http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Maubeuge/actualite/Secteur_Maubeuge/2008/09/28/article_un-cercle-de-silence-pour-crier-a-l-aide.shtml
Mercredi 1 octobre 2008
 

Erythrens SOCIÉTÉ - Un hangar immense, aux fenêtres cassées. Sous les couvertures, des hommes, quelques femmes, une dizaine d’enfants. Ils dorment par terre, dans cette menuiserie industrielle abandonnée, au centre de Calais. Erythréens pour la plupart, ils essaient de passer en Angleterre, en se glissant dans des camions, la nuit. Bientôt, ils n’auront plus où dormir. La vieille usine doit être démolie pour laisser place à des immeubles.

21 heures, mercredi, ils sont des dizaines autour du feu. On décapsule les bières avec les dents, on se plaint des CRS. « Ils nous courent après, ils nous gardent 24 heures, ils prennent nos empreintes, ils nous relâchent, on marche trois quarts d’heure pour rentrer à Calais ». « Parfois ils t’aspergent de gaz lacrymogène et tu tombes ». « Ils prennent les gens pour des moins que rien » ; Un garçon suggère : « Un peu de musique érythréenne ? » Ils chantent en langue tigrinya une chanson inventée par Gandji, un garçon assis par terre : « Nous vivons à Calais. Un jour, nous irons en Angleterre. Policier de Calais, s’il te plaît. Ne viens pas le matin. Nous voulons dormir ». 

Déserteurs. Ils se disent presque tous déserteurs de la terrible armée Erythréenne, enrôlés pour un service militaire illimité. Un homme dit qu’il a dix ans d’armée, un autre douze. Depuis la fermeture du centre de la Croix-Rouge de Sangatte fin 2002, les migrants qui fuient dictatures et conflits, -Afghans, Iraniens, Kurdes, Erythréens, Somaliens, Soudanais, pour la plupart- continuent d’affluer à Calais pour passer en Angleterre. Mais ils sont moins visibles, dispersés sur le littoral, et sur les autoroutes qui mènent à Calais. Il y a quelques jours, ils étaient plus de 200 dans le hangar. Cette nuit-là, moins de cent. « Ils savent qu’il sera détruit, ils s’installent ailleurs », dit Pierre, un humanitaire. Il dort à leurs côtés depuis deux nuits. « Les policiers sont moins durs quand ils nous voient ». Le bénévole part se coucher. La nuit n’est pas froide. Moustique. Ronflements. Quelqu’un tousse. « Il y a des cas de tuberculose », dit Pierre. Une plainte d’enfant, près de sa mère. Dans le noir, lampes de poche. Murmures. Ceux qui rentrent du port se couchent. 

7 heures, des hommes s’en vont, pour éviter les policiers. 7h30, un migrant pousse la grille qui donne sur la rue. Un fourgon de police déboule. « Raaaaaah ! » C’est le cri du CRS qui zigzague à sa poursuite. Le jeune homme est rapide, le policier renonce. Les migrants courent. Pas les femmes, ni les enfants, qui se savent tranquilles. Le fourgon repart vide. « Il leur en faut dix, je les ai entendus », dit Pierre, « ils vont revenir ». Ils reviennent. Un migrant crie, les hommes courent, les enfants regardent. Des corps minces et rapides filent dans la grande salle. Les CRS ne s’approchent pas, ils en ont attrapé quelques uns dans le squat des Soudanais, près de la voie ferrée. Dans le hangar, un migrant montre un trou, vers le sous-sol : « Quand on se cache là, ils nous aspergent de gaz pour qu’on sorte ». Pas cette fois. « Quand les compagnies de CRS arrivent, elles sont pleines de vigueur, elles en perdent au fil des semaines », sourit Pierre. 8h30, il part travailler.

10 heures, au soleil, devant le hangar. Quelques jeunes tapent dans un ballon. Hénoch, 23 ans, souriant, dit que ses parents, commerçants, ont payé 40.000 euros pour son voyage jusqu’ici. Il a évité la Libye et l’Egypte en passant par la Turquie. « Plus cher, mais moins dangereux ». Les autres, autour du feu, racontaient la veille des récits d’épouvante des prisons libyennes, des mois sans voir la lumière dans les sous sols écrasés de chaleur, les coups, le manque d’eau, des expulsions vers l’Erythrée, le sort des déserteurs, incarcérés sur une île.

Bénévoles.
Et les derniers 33 kilomètres du voyage pour Douvres ? Hénoch dit que son groupe est solidaire contre les passeurs afghans et kurdes qui tiennent les parkings d’autoroute vers Calais, et qui monnayent le droit d’approcher les camions. « Ils demandent 700 euros le passage, et sortent les couteaux. Nous, on ne veut pas payer, on y va à 50 ou 60, une trentaine pour protéger les vingt qui montent dans les camions ». Il y a eu plusieurs morts, déjà. Sur le port de Calais, trois contrôles : deux français, un britannique. « Quand ils me trouvent, les vigiles rient, ils me disent "Encore toi ? Sors de là-dessous, mon ami. Tu as froid ? Tu veux une cigarette ?" »

14 heures, quai de la Moselle, les bénévoles distribuent les repas à 450 migrants. Babak, 23 ans, un jeune homme fin, veste de velours noir, casquette, des allures d’étudiant. « Savez-vous à qui je peux m’adresser pour demander l’asile ? Je suis fatigué ». Rien n’est prévu à Calais. Le Secours Catholique organise des navettes toutes les semaines vers Arras. D’autres montrent leurs blessures : « un coup de matraque », « les morsures d’un chien policier », « des traces de menottes ». Babak : « Il y a pire, c’est le stress. Ils te réveillent, tu veux fuir, tu ne trouves plus tes chaussures. Après, je tremble toute la journée ». Daniel, Erythréen de 30 ans : « Un jour, j’aimerais revenir à Calais ». Il lève l’index : « comme touriste ».

Haydée Sabéran

Photo Aimée Thirion

http://www.libelille.fr/saberan/2008/09/a-calais-les-nu.html
Lundi 29 septembre 2008

27/09/2008

Reportage sonore sur l’expulsion de familles Roms

REPORTAGE SONORE - C’est un reportage sonore réalisé par "artisan-chasseur de son", Jean-Baptiste Fribourg, qui habite à la Guillotière et tient un audioblog, Les Yeux fermés. Lorsqu’il est sorti de chez lui, vendredi matin, la police expulsait les familles roms qui dormaient depuis le début de la semaine place Raspail. Il a tendu son micro...

"Vendredi 26 septembre, place Raspail à la Guillotière, 9h du matin : la soixantaine de familles roms qui dormaient dans le square depuis le début de la semaine sont invités à décamper par la police municipale. Plus tard, les CRS et la BAC arrivent en renfort, afin de contrôler l’identité de toutes les personnes présentes. Peu à peu la pagaille s’organise, pendant que les obligations de quitter le territoire français (OQTF) sont notifiées. Cornel attend son tour dans la queue des contrôles d’identité. Sa venue en France, il l’explique par ses conditions de vie en Roumanie...



La police s’en va, les contrôles sont terminés. Les associations, elles, restent sur place pour gérer ce qu’elles peuvent. Le soir même, des familles roms dormaient à nouveau dans le square Raspail".
Lundi 29 septembre 2008
La Voix du Nord publie des enquêtes sur l’après Sangatte à Calais . n°1 samedi n°2 dimanche lien pour accès au dossier
Vendredi 26 septembre 2008

Hier à 18 heures, Réseau d’Éducation Sans Frontières avait prévu un rassemblement pour soutenir trois parents d’enfants scolarisés, menacés d’expulsion. Mais la préfecture a refusé aux motifs que la déclaration n’a pas été faite conformément au délai légal de trois jours francs avant le rassemblement.

« Nous avons envoyé un fax dimanche, explique Mme Peloux. La préfecture n’a pas prévu trois jours à l’avance d’expulser Victorine. Et elle ne nous a pas prévenus trois jours à l’avance. » Le refus a été notifié mardi. Aussi les organisateurs ont choisi d’être sur la place des Terreaux hier pour expliquer le refus de rassemblement.

Victorine a été expulsée mardi vers Libreville, laissant deux ados sur le territoire français. Un papa comorien a été libéré lundi avec une autorisation provisoire. Et un papa algérien attend son expulsion au centre de rétention. « Tout espoir n’est pas perdu ! »

 

http://www.leprogres.fr/infosdujour/rhone/1047195.html

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